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Ligue pour la Protection des Oiseaux
Moselle

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Juridiquement le renard roux est classé "espèce nuisible" dans la quasi-totalité des départements français.
En autorisant sa destructon, l’État oublie qu’il est un auxiliaire précieux (et gratuit) des agriculteurs, en limitant les populatons de rongeurs qui détruisent les cultures.
En guise de remerciement, il est chassé, piégé et déterré toute l’année !

Légalement, quatre raisons peuvent être invoquées pour inscrire le renard sur la liste départementale des espèces dites "nuisibles" :

  1. L’intérêt de la santé et de la sécurité publiques,
  2. La protection de la flore et de la faune,
  3. La prévention des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles,
  4. La prévention des dommages importants à d’autres formes de propriété.

Aucune de ces raisons n’est recevable dans le contexte Lorrain !


Afin de conforter les efforts fournis par le monde cynégétique dans le cadre de l’introducton de faisans, des arrêtés préfectoraux autorisant la destruction du renard la nuit (en plus des différents modes de chasse traditionnels) sont régulièrement pris dans nos départements. Ces dernières années, en Moselle, un programme (Groupement d’Intérêt Cynégétique) visant à relâcher 9 000 faisans d’élevage sur un territoire de 10 000 ha a été mis en oeuvre.

Accusé de prélever une partie de ces oiseaux exotiques originaires d’Asie, relâchés en masse et destinés à la chasse, le renard est donc détruit de jour, comme de nuit.

C’est un non-sens total d’éliminer une espèce autochtone au profit d’une espèce exotique relâchée pour le seul plaisir de la chasse !

Paradoxalement, en Lorraine et ailleurs, les services de l’État permettent aux agriculteurs d’utliser des substances très toxiques et non sélectives comme la bromadiolone pour luter contre les prolifératons de campagnols. En effet, cet anticoagulant puissant empoisonne directement ou indirectement des espèces non ciblées comme par exemple les rapaces (tous protégés), les petits carnivores et les animaux domestiques.

Les associations de protection de la nature sont révoltées face à ce non-sens écologique.

Le renard doit désormais être considéré comme un précieux auxiliaire et non comme un "nuisible" !

La France est indemne de rage depuis plus de 15 ans. C’est la vaccinaton qui a permis à la rage de disparaître de notre pays et en aucun cas la destruction des renards.

Une nouvelle zoonose fait parler d’elle à présent. Il s’agit de l’échinococcose alvéolaire, une maladie parasitaire grave mais très rare. Avec le chien et le chat, le renard fait partie des espèces susceptibles de transmettre le parasite à l’homme.

De récentes études démontrent que la régulation des renards est inefficace et pourrait même aggraver les risques en augmentant la proportion de renards porteurs du parasite ! En effet, les destructons intensives modifient la structure des populatons vulpines, qui se retrouvent alors majoritairement composées de jeunes individus beaucoup plus sensibles au parasite.

La lutte contre l'échinococcose alvéolaire ne passe pas par l'élimination des renards mais par l'hygiène, la vermifugation des chiens et des chats et éventuellement, en zone urbaine, la vermifugation des renards par des appâts chargés en médicament antiparasitaire.

Issus d’élevages, des faisans, des lièvres, des lapins de garenne et des perdrix sont relâchés en masse sur de nombreux territoires à des fins exclusivement cynégétiques. Le renard, susceptible de prélever une partie de ces animaux mal adaptés aux écosystèmes dans lesquels ils sont relâchés, est considéré par les chasseurs comme un concurrent à éliminer.

La prédation naturelle est pourtant une loi fondamentale en matère d’équilibre écologique et de biodiversité.
Le renard est un prédateur autochtone dont le régime alimentaire est composé essentellement de micromammifères. Il tient une place indispensable au sein de nos écosystèmes :
- Son impact est significatif sur les populations de campagnols susceptibles de causer des dégâts sur les terres agricoles.
- Il joue un rôle d’équarrisseur naturel évitant ainsi quelques problèmes sanitaires.
- En complétant son régime alimentaire par des fruits et baies sauvages, il participe activement à la disséminaton d’essences d’arbres à valeur paysagère et économique non négligeable.

La faculté d’autorégulaton du renard, en foncton des ressources alimentaires et territoriales disponibles et de la pression sociale exercée par les individus voisins, est citée de nombreuses fois dans la litérature scientifique. Une surpopulaton est donc mécaniquement impossible ; on le voit très bien d’ailleurs dans les endroits où le renard n’est plus chassé, par exemple au Luxembourg et dans le Canton de Genève.

Le renard est avant tout un auxiliaire naturel précieux pour l’agriculteur, en limitant les pullulations de campagnols et autres rongeurs.

Si les intrusions dans les poulaillers peuvent localement créer des problèmes, les pratiques de régulation et de destruction ne servent absolument à rien. Un renard mort est un territoire vide ; et un territoire vide sera immédiatement recolonisé.

La solution : sécuriser les poulaillers !
Des méthodes simples et efficaces existent pour protéger ses volailles.

L’obscurantisme dont font preuve les instances cynégétiques et les services de l’État en autorisant des destructions démesurées paraît bien décalé face à une réalité sociale en demande constante d’un retour de la vie sauvage et du respect de cete dernière.
Les connaissances acquises ces 30 dernières années sur la faune sauvage ont permis de se détacher des croyances populaires.
Le Renard roux reçoit désormais, et à juste titre, les faveurs des populatons urbaines, rurales et agricoles.

Les associations de protection de la nature, de nombreux représentants du monde scientifique, des agriculteurs, des élus, certains chasseurs et une grande majorité d’usagers de la nature ont compris l’intérêt de considérer le renard comme un précieux auxiliaire et sont fatigués de l'acharnement sur cet animal dont les dégâts qui lui sont imputés paraissent bien dérisoires face à ce qu’il peut apporter socialement, économiquement et écologiquement.

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Dernière mise à jour le 22/10/2016